Recherche job desespérement

Janvier 2012. L’open d’Australie est finie. Je suis arrivé depuis bientôt deux mois à Melbourne, et je n’ai toujours pas de job, malgré quelques expériences vites ratées.

Je décide de prendre réellement les choses en main, et de chercher activement le graal. C’est que l’état de mes finances commencent sérieusement à se dégrader. Un autre mois comme ça, et un retour en France, plus que prématuré, serait à envisager.

Me voilà donc arpentant les rues de Melbourne, à distribuer mon Cv à qui le veut. Je frappe à la porte de (quasiment) tous les restaurants devant lesquels je passe. Et j’enchaine les refus à la vitesse de l’éclair. Notez que les refus restent sympathiques, c’est déjà ça. On ne m’envoie pas ballader, on me remercie en me disant qu’hélas on ne cherche personne.
Ca ne m’aide pas à trouver un boulot, ce n’est pas vraiment motivant, mais ce n’est pas cassant non plus. Alors je continue.

La journée passe. Les journées passent. Les restaurants qui avaient promis de me recontacter ne le font pas. Misère, oh misère!

Je continue de errer malgré tout. En ce mardi soir, je longe les quais du nouveau quartier de XX.
J’entre dans les restaurants, un par un, toujours. Un restaurant espagnol par ci, un restaurant français par là, une petite brasserie plus loin. Et les refus toujours. Je m’apprête à mettre fin à ma journée de recherche quand mon téléphone sonne. Un numéro inconnu. Je décroche. J’ai toujours du mal à comprendre l’anglais par téléphone, mais je réussis à déchiffrer quelques mots clés lancés par mon interlocuteur : need you, come back, El Bohemian, restaurant.

La Bohème….

El Bohemian, ce restaurant espagnol où je déposais mon CV il y a à peine 10 minutes. L’espoir renait! J’y retourne évidemment et le manager australien m’accueille, avec le chef espagnol qui a besoin de   à la plonge, ce soir! Discooo!
Je m’assois à la table et commence à négocier point par point les clauses du contrat, le montant de la paie, la durée des congés, les pauses…
Ou pas. Je ne discute de rien, fonce chez moi me mettre en tenue de combat, et revient, pour le début du service.
La cuisine est relativement grande, avec 5 cuisiniers, et à majorité hispanique avec une Chilienne, un espagnol, un colombien..

Et c’est parti pour le service. Les assiettes, ramenées par les serveuses, et parfois encore bien pleines, défilent. Les casseroles, les plats, et les poêles aussi.
Dans la cuisine, tout le petit monde s’agite. Le chef distribue les ordres à ses cuisiniers.
‘Une poelee de chorizo’
‘Oui chef’
‘Un poisson aux légumes’
‘Ok chef’

La solitude du plongeur

Le bruit des poêles en métal, de l’huile brulante dans laquelle on fait cuire un morceau de viande ou des casseroles qui s’entrechoquent s’ajoutent aux  odeurs en tout genre qui parfument la cuisine. Parfois, une planche de charcuterie revient et je savoure quelque stracnhes du saucisson préparé sur place avant de repartir à la tache.

Au niveau du travail, je m’en sors. Du moins je le crois.
Car je vais découvrir que le pire moment dans la cuisine n’a pas lieu pendant le service, mais après, lorsque les derniers ordres ont été passés.
C’est à ce moment que les cuisiniers me ramènent tous leurs ustensiles, grosses casseroles, poêles, planches et autres joyeusetés utilisés pendant le service. En même temps que les serveuses m’apportent toutes les assiettes, verres, couverts des tables que quittent peu à peu les clients.

Me voilà donc seul dans la cuisine face à une montagne de vaisselle.
Laborieusement, peut être une heure et demi plus tard, tout est nettoyé, rangé, et la cuisine est propre.
Il est plus de minuit. Le chef qui m’a attendu me fait comprendre que j’étais bien trop long.
Et que je dois donc être plus rapide…le lendemain.

J’ai donc un boulot! Yiiiihaaa!!

 

Et vous, comment avez vous trouvé votre premier boulot? Grand moment de joie? Ou simple formalité?

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