Quand une citrouille me cause bien des soucis dans ma quête du job idéal à Melbourne.

A la recherche du job idéal

Janvier 2013. Je suis maintenant depuis plus d’un mois à Melbourne. Et après quelques premières expériences peu concluantes en tant que vendeur dans les rues de la ville (voir ailleurs…), il est temps de chercher un petit boulot dans la restauration.

Pour trouver un petit boulot en Australie : tout se passe sur Gumtree, LE site où sont postées toutes les offres. Alors je rode sur le site, l’oeil vif et le regard perçant, guettant la moindre nouvelle annonce pour un job. Riez jeunes – et moins jeunes –  gens. Mais dans la jungle qu’est le marché de l’emploi de Melbourne, ce sont les plus rapides, et non les plus forts, qui dominent.

logo gumtree

Gumtree, un ami qui vous veut du bien

Une annonce apparaît à peine que le numéro et l’adresse mail qui y sont indiqués sont pris d’assault par une horde de jeunes étudiants et voyageurs affamés.

Arrivez une heure après l’annonce et il est déjà bien trop tard. Un compteur vous indique  que déjà plusieurs centaines de personnes ont visité l’annonce. Une grande partie ont probablement déjà envoyé CV, lettre de motivation, lettre de recommandation, bilan de santé, carnet de vaccination, carnets de note du collège…bref tout ce qui peut aider, ou pas, à leur embauche.

I have a dream

Les heures passent donc, en ce jour de janvier. Quand soudain, elle apparait, superbe, alors que je  ne l’attendais plus! Miranda Kerr, se dresse sur le pas de ma porte Une superbe annonce apparaît devant mes yeux, fraiche comme la rose.

Miranda Kerr vous salue bien

Miranda Kerr vous salue bien

Tout se passe alors comme dans un rêve. J’appelle le numéro indiqué, discute quelques minutes avec le manager au bout du fil (’Mais attends tu plaisantes?? Moi de l’expérience en cuisine d’un restaurant?? Evidemment puisque c’est MON domaine!’)…et finis par décrocher un essai pour le lendemain. Le restaurant, un café brasserie dans ce cas précis, a l’air cool, à en juger les photos du site internet que je m’empresse de regarder. Et, miracle, il est idéalement placé à 10 minutes à pied de mon appartement. C’est à croire que je suis protégé par la force!!

Après les 5 minutes d’euphorie qui suivent -j’ai enfin décroché mon premier essai! – je réalise quelque chose : j’ai enfin décroché…un essai. C’est à dire Walou! Nada! Niet! Que dale!

Formation accélérée

C’est demain que ça se passe, et c’est demain que je dois faire mes preuves! Or, contrairement à ce que j’ai affirmé par téléphone à John-David (appelons le ainsi), je n’ai jamais mis les pieds dans la cuisine d’un restaurant (note de l’auteur : c’est techniquement faux car j’ai un jour poussé une porte que j’avais prise pour celle des toilettes mais qui était en fait celle de la cuisine d’un petit restaurant…Enfin c’est une expérience que j’aurais sans soute du mal à faire valoir auprès de ce bon vieux John David, n’est ce pas?…).

Comment faire?? Comment apprendre à jouer le mec qui s’y connait un peu alors qu’en fait, et bien…pas du tout!

La réponse?? Google bien sur! Car google est mon ami. Comme Youtube d’ailleurs.

Ce jour là, Google et Youtube m’ont appris les différents types de couteaux utilisés en cuisine. Les différentes technique pour découper des légumes simples aussi : carottes, tomates, onions, poivrons, pommes de terre…bref, tout ce que l’on demande à un Kitchen Prep.

Ajoutez à cela la révision de tout le vocabulaire associé à la cuisine (to slice, to dice, to boil,…), et le briefing de Kit, mon coloc Thaïlandais qui bosse justement en cuisine, et je suis prêt! Je sens en moi l’aisance et la maitrise de Joël Robuchon! Ne me manque que la toque mais ca sera pour une autre fois.

Joel Robuchon

Joel Robuchon, notre maître à tous

 L’essai

Cela fait deux heures que l’essai à commencer. Le cadre est sympa et les deux nanas qui bossent la sont cool. J’ai jusque là parfaitement maitrisé le rendez vous, enchainant les taches avec maitrise et sang froid! Je m’y vois déjà. John David s’approche, sans doute pour me féliciter et me dire qu’il n’a jamais vu un tel talent!

Ah non, apparemment il a une dernière mission pour moi. Une de leur spécialités ici est le gateau à la citrouille. Une de mes taches quotidiennes, si j’étais pris, serait donc de préparer plusieurs citrouilles (donc la découper, enlever la partie centrale avec les pépins, et enlever la ‘carapace’). Il doit donc me tester sur ce point en particulier.

Et me pose une citrouille sur le plan de travail.

Je me souviens bien avoir regardé trois fois la  vidéo ‘how to dice a tomato’ sur l’ami Youtube, mais aucun souvenir de ‘how to cut a pumpkin’.

citrouille

La citrouille, une amie qui vous veut du mal…

Je tente quand même, et mon seul mérite sera de réussir à ne pas me couper. Sinon c’est un massacre, et à part la couleur, il est difficile de distinguer les restes d’une citrouille à la fin de mon ’travail’ Ce n’est pas évident à préparer ces bêtes là!

Fuckin Pumpkin!

L’illusion ne peut plus durer et John David me fait comprendre gentiment que ce ne sera pas moi l’élu.

Epilogue

Le vendredi soir suivant, alors que je contemple la ville de nuit, depuis les hauteurs d’une terrace de Melbourne, l’hôte de la soirée où je me trouve s’approche de moi avec un grand sourire et me propose une superbe part de gâteau :

« you should taste it, it’s really good. It’s a pumpkin cake… ».
‘tu devrais goûter, il est vraiment bon. C’est du gateau à la citrouille…’.

Fuckin Pumpkin!

 

Et vous, avez vous loupé des essais/entretiens sur un (pas si) petit détail? Fait LA boulette qui a tout changé? 

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